Mon Week End se décompose en 2 parties bien distinctes : le salon du livres de Colmar et un joli n'importe quoi que nous nommerons Schlucht (pronnoncer : "Chlourte" svp).
Côté Salon, pas de soucis, que du classique. Salon du livre très sympathique où j'ai pu exhiber Mise à Mort aux yeux ébahis
de mes amis alsaciens ! L'organisation est parfaite, l'accueil chaleureux. Il n'y a pas à dire, les gens de l'est savent recevoir. Merci à eux.
J'étais assis à côté de deux camarades auteurs avec qui je me suis régalé à dédicacer. Le premier est un écrivain new-yorkais de roman noir, Jake Lamar, qui a décidé, un jour, de passer quelques années en France, comme ça, pour voir. Résultat, il habite à Paris depuis 15 ans et y a trouvé l'amour... Joli belle histoire, non ? Jake est maintenant un auteur reconnu des deux côtés de l'Atlantique.
Le second, Jean Hartleyb a écrit son premier roman, "Névropolis" qui semble démarrer fort bien, et c'est tout le mal que je lui souhaite.
J'ai acheté un livre à chacun de ces messieurs, je vous raconterai ce que j'ai ressenti à leur lecture.
Passons maintenant à la Schluct (je vous rappelle la pronnonciation : Chlourte svp). Ce week-end donc, nous (ma femme et moi) étions hébergés par des amis très chers. Monsieur est pilote de chasse (repect et salut militaire, hop, hop, hop), un type comme on en rêve, machoire carrée, sourire craquant, humour à chaque syllabe. Pffff, y en a qui ont tout, grrr ! Madame est ma cops de quand je travaillais à Air Inter (je sais, c'est pas hier), un femme sublime qui porte un regard d'une rare sensibilité sur le monde et qui est capable de vous immiter soeur Marie-Madeleine de la Sainte Trinité devant l'apparition d'un pâté géant. Enorme. Il y avait aussi trois autres larrons, dont les rires, les blagues d'une rare subtilité, les regards chargés de tendresse ont rendu ce moment unique.
Mais revenons à la Chlourte. Ce week-end était aussi l'occasion de faire une surprise à madame notre hôte et de lui fêter ses 40 printemps. Notre pilote avait organisé l'opération de main de maître, en invitant une trentaine de personnes dans un chalet à la Bresse, 45 minutes de Colmar. La Bresse donc...
Pour aller à la Bresse, il vous faut gravir le col de la... Sclucht ("Chlourte", hein), absolument. Tout les invités attendent au chalet. Madame notre hôte, ma femme et les 3 larrons viennent me cueillir au Salon vers 19h, et nous partons pour l'équipée sauvage. La nuit. Le froid. La buée dans la voiture. Tous ses éléments nous accompagnent jusqu'en haut du col. Jusuqe là, tout va bien. Oui, mais là, s'ajoute le brouillard. Un brouillard si dense, qu'on ne voyait pas les bas côtés (la montagne à droite... le précipice à gauche !), et qu'il fallait se reporter sur la ligne de pointillés au milieu de la route pour avancer. Oui, mais voilà, y avait plus de pointillés ! Résultat, descente de la Schlucht à 2 à l'heure, avec des commentaires drôlatques "Dis, ça ressemble un peu à l'ambiance de Shinning, tu trouves pas ?". Non eueueueuhhhh !
Bref, nous finisssons par arriver, au bout de... 2 heures de route. Madame notre hôte pleure de bonheur (ou de trouille, va savoir). La soirée se déroule à merveille entre gens délicieux (si, moi aussi). Je me couche vers 4 heures (quelle résistance à mon âge !!!) et me lève à 8 (quel homme !!!) pour repartir seul, dans le froid, au salon de Colmar. Voui, mais ce que je n'avais pas prévu... c'est la neige. Résultat : plus de brouillard sur la Schucht (toujours "Chlourte", merci pour elle), mais de la neige. Pas de chaines, juste mes yeux pour pleurer. J'ai gravi le col à 2 à l'heure, comme je l'avais descendu la veille. Puis je l'ai descendu (lautre côté, suivez un peu !) à 1 à l'heure, en priant pour ne pas avoir à freiner. J'ai croisé le chasse neige, qui déneigeait le côté gauche avant le mien. Quand on a pas de chance...
Inutile de vous dire que nous avons déliré sur les expressions à base de Chlourte : on s'est tous réveillé avec un mal de Chlourte épouvantable, il faut faire attention quand on va dans les pays chauds, on risque de choper la chlourte... Bref, tout est bien... Moi je dis, ce week-end était chlourtement bon !