C'est curieux la vie tout de même. J'étais hier dans une grande boite de nuit parisienne, le Mandalaray, et j'observais avec curiosité les djeuns et moins djeuns déchaînés qui s'agitaient sur la piste. Vous me direz, qu'est-ce que je foutais là à 2h du mat', moi, le père de famille nombreuse qui rame pour retrouver les subsides indispensables à la béquée des pioupious ? Bonne question. Peut-être, un jour, vous livrerai-je quelques éléments de réponse, mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui, donc inutile d'insister. J'ai dit non.
Donc, je m'étais placé en hauteur, à côté du bar toujours à côté du bar, c'est une question de principe, et j'observais. Je suis resté planté là un bon moment, puis, j'ai tourné la tête et regardé ce qui se passait côté bar si personne n'avait porté atteinte à l'intégrité de mon Whisky-Coca. J'ai alors remarqué deux écrans plasma sur lesquels étaient projetés les images d'un concert. Jusque là, rien d'incongru. ce qui l'était d'avantage en revanche, c'était l'artiste qui se produisait : Marvin Gaye.
Il y avait un décalage planétaire entre la musique boum-boum de la boite de nuit et les images de ce chanteur élégant, séducteur, souriant, racé sur les écrans. Je me suis dit que finalement, l'élément le plus anachronique dans cette endroit, c'était bien moi. Je n'avais rien à faire là. Et c'était Marvin qui me le rappelait.
J'ai quitté la boite et pris le chemin du retour. Je me suis mis un disque de Marvin dans la voiture en me disant qu'elle était bien là ma came à moi, dans cette voix claire, dans ce groove, dans cette soul qui m'emporte dès le premier accord. Je ne suis plus tout jeune, c'est vrai quoiqu'encore très vigoureux, si, si, mais franchement, cet homme dépasse largement les générations.
Donc je vous offre deux bijoux : le premier est la perle "What's going on" chanté en concert au Japon (avec les soustitres nippons !) : que du bonheur.
Le second est une absolue merveille : sa dernière apparition en public avant de se faire assassiner par son père le 1er avril 1984. Il s'agit de la version de l'hymne national américain qu'il offrit en ultime cadeau lors de la soirée d'ouverture du All Star Game 1983.
Magique. Définitivement magique. La main sur le coeur en l'écoutant.
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