16 janvier 2007

Premières lignes #5

Bruit "A travers la barrière, entre les vrilles des fleurs, je pouvais les voir frapper. Ils s'avançaient vers le drapeau, et je les suivais le long de la barrière. Luster cherchait quelque chose dans l'herbe, près de l'arbre à fleurs. Ils ont enlevé le drapeau et ils ont frappé. Et puis ils ont remis le drapeau et ils sont allés vers le terre-plein, et puis il a frappé et l'autre a frappé aussi. Et puis, ils se sont éloignés et j'ai longé la barrière. Luster a quitté l'arbre à fleurs et nous avons suivi la barrière, et ils se sont arrêtés, et nous nous sommes arrêtés aussi, et j'ai regardé à travers la barrière pendant que Luster cherchait dans l'herbe.

- Ici, caddie". Il a frappé. Ils ont traversé la prairie. Cramponné à la barrière, je les ai regardés s'éloigner."

Une pure merveille de livre. Un pure construction. Un tuc impossible à écrire et à lire. Et pourtant, quel plaisir. Prenez le temps.

13 décembre 2006

Premières lignes #4

Pennac "C'est d'abord une phrase qui m'a traversé la tête : "la mort est un processus rectiligne". Le genre de déclaration à l'emporte-pièce qu'on s'attend plutôt à trouver en anglais : "Death is a straight on process"... quelque chose comme ça.

J'étais en train de me demander où j'avais lu ça qaund le géant fit irruption dans mon bureau. La porte n'avait pas encore claqué derrière lui qu'il était déjà penché sur moi :

- C'est vous Malaussène ?"

La petite marchande de prose

Voilà, c'est simple et direct comme du Pennac. Je trouve que ce monsieur mériterait encore plus de reconnaisance pour sa plume. Moi, je suis un inconditionnel absolu.

Merci monsieur Pennac.

05 décembre 2006

Premières lignes #3

Soie La lecture de "Soie" représenta, pour moi, un véritable choc. La découverte d'Alessandro Baricco fut un intense moment de plaisir.

Depuis ce jour, chaque fois que j'achète des livres, je prends au passage quelques exemplaires de Soie.
Depuis ce jour, chaque fois que je rencontre une personne qui me plait ou un ami encore dans l'ignorance de cet immense talent, je lui offre "Soie".

Parce qu'un tel bonheur de lecture se doit d'être partagé et parce qu'on doit toujours offrir des choses auxquelles on est férocement attaché.

"Bien que son père eût imaginé pour lui un brillant avenir dans l'armée, Hervé Joncourt avait fini par gagner sa vie grâce à une profession insolite, à laquelle n'étaient pas étrangers, par une singulière ironie, des traits à ce point aimables qu'ils trahissaient une vague inflexion féminine.
Pour vivre, Hervé Joncourt achetait et vendait des vers à soie.
On était en 1861. Flaubert écrivait Salambô, l'éclairage électrique n'était encore qu'une hypothèse et Abraham Lincoln, de l'autre côté de l'Océan, livrait une guerre dont il ne verrait pas la fin.
Hervé Joncourt avait trente deux ans.
Il achetait et il vendait.
Des vers à soie."

29 novembre 2006

Premières lignes #2

Neoud "Tu sera étonnée de découvrir cette lettre dans mon coffre, sur un paquet de titres. Il eût mieux valu peut-être la confier au notaire qui te l'aurait remise après ma mort, ou bien la ranger dans le tiroir de mon bureau, le premier que les enfants forceront avant que j'aie commencé d'être froid. Mais c'est que, pendant des années, j'ai refait en esprit cette lettre et que je l'imaginais toujours, durant mes insomnies, se détachant sur la tablette du coffre, -d'un coffre vide, et qui n'eut rien contenu d'autre que cette vengeance, durant presque un demi-siècle cuisinée. Rassure-toi; tu es d'ailleurs déjà rassurée : "les titres y sont." Il me semble entendre ce cri, dès le vestibule, au retour de la banque. Oui, tu crieras aux enfants, à travers ton crêpe : "les titres y sont.""

François Mauriac, "le noeud de vipères"

23 novembre 2006

Premières lignes

B0000dojb701_ss500_sclzzzzzzz_v56905970_ Allez hop, je lance une nouvelle rubrique sur mon blog : "Premières lignes".

Je ne sais pas comment vous vous y prenez pour choisir un livre. Je dois avouer que pour ma part, les lancements sont essentiels. Alors, je me suis dit que ce serait sympa de retrouver les points de départ des livres que j'aime. Peut-être cela vous donnera-il envie de les lire ? Peut-être les avez-vous déjà lus, et cela vous fera plaisir de parcourir à nouveau ces premières lignes ?

On commence avec grand monsieur, un hussard : Antoine Blondin et "L'Europe Buissonière"

"Passé huit heures du soir, les héros de roman ne courent pas les rues dans le quartier des Invalides. Muguet n'était encore qu'un adolescent médiocre lorsqu'il tourna l'angle de l'avenue de Ségur. Une fillette qui lisait le journal, assise sur un petit pliant, fut sollicitée par la silhouette du garçon. Elle le suivit un instant des yeux; puis, comme on avait à l'époque la cuisse cocardière, elle se replongea dans le récit des actualités. La revue des Folies Bergères et celle du Quatorze Juillet s'y entremêlaient dans un grand débordement de titres, de photographies et de légendes."

Ma Photo

Stupre !!!

N'importe quoi !

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